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à propos des dépenses publiques... (extrait du Bulletin N° 887 réservé aux abonnés)

« Trop de Dépenses Publiques ! ????

Cette affirmation entendue tous les jours dans nombre de médias vient d’être reprise par le chef de l’Etat pendant sa conférence de presse du 13/11. Il estime que le poids de la dépense publique (DP) qu’il évalue à 57% du PIB (elle est chiffrée en fait à 56,6%), devient un problème pour l’économie car elle est trop importante. Il affirme «… c'était 52% il y a cinq ans, bénéficions nous pour autant de meilleures prestations ? »

Alors qu’en est-il de cette Dépense Publique ?

Tout d’abord celle-ci d’un montant environ de 1130 Mds[1] (2011) est constituée des dépenses du budget de l’état (autour de 30 % du total), des dépenses des administrations publiques (collectivités territoriales ; autour de 20%) et des dépenses de protection sociale et de santé (la couverture vieillesse, la couverture maladie, les accidents du travail, le chômage, la famille, autres prestations sociales… autour de 50%). 

On constate donc que 50% de cette DP va à la protection sociale et à la santé qui sont socialisées en France, contrairement à d’autres pays.  Par exemple aux USA l’assurance relève du domaine privé et n’est donc pas comptée dans les DP. («Le coût » de la santé aux USA représente 17% de leur PIB contre 11% en France !). La comparaison entre pays est biaisée car ce qui est pris en compte, le périmètre, n’est pas identique. Ce ratio DP sur PIB n’est donc qu’une construction théorique qui est à relativiser et à ne pas ériger en « règle d’or ».

  Mais pourquoi la DP a-t-elle augmentée ?

Lorsque le président indique que la dépense publique est passée de 52% du PIB en 2007 à  57% aujourd’hui, il omet de dire que cela est du en majeure partie à l’augmentation des prestations sociales qui sont liées à l’explosion du chômage, de la précarité et de la pauvreté résultant de la crise financière capitaliste depuis 2008!

Aussi il est indécent et scandaleux de sous entendre que cette augmentation des dépenses publiques n’aurait pas servit à avoir « …de meilleures prestations ».  Sans cette augmentation, quid des prestations dues aux Chômeurs supplémentaires, aux nouveaux bénéficiaires du RSA, aux nouveaux malades, etc…fallait-il ne rien leur verser !

Par contre on peut affirmer que ces prestations ont au moins été réinvesties dans l’économie réelle et non dans la spéculation.

Il est à noter que par rapport aux années soixante, la part des dépenses de fonctionnement (les salaires des fonctionnaires entre autres) représente 34,7% de la DP  (contre 41%  en 60) et inversement les prestations sociales s’élèvent à 45,3% en 2010 contre 32% en 1960…

Pour conclure. La dépense publique est incontournable pour le  fonctionnement de l’économie et surtout pour ceux qui la font prospérer. On a besoin de salariés éduqués, formés, en bonne santé et « socialement aidés » lorsque ceux-ci subissent les effets des restructurations capitalistes, synonyme de chômage, de précarisation,...

Le chef de l’Etat revendique la diminution de la DP par les 50 milliards d'économies prévues sur cinq ans par la programmation des finances publiques, auxquelles s'ajoutent désormais les 10 milliards de coupes pour le crédit d’impôt ;  Donc il réduit de  60 Mds les dépenses publiques. C’est inacceptable et gravissime !

Pourquoi vouloir diminuer cette DP alors ?

La dépense publique et les services publics sont des outils efficaces de redistribution et de progrès si on leur en donne les moyens. Les circuits de financement public ou socialisés, dont les retraites par répartition, échappent aux circuits financiers privés de tous ordres et donc à la spéculation. Moins de dépense publique crée généralement de nouveaux marchés pour le secteur privé et satisfait le capitalisme financier. Là est l’enjeu.

La question centrale actuelle est de redistribuer les richesses et d’empêcher la concentration de celles-ci. Les écarts entre les pauvres et les riches n’ont jamais été aussi grands et ne cessent de croître[2].

C’est le coût du capital avec ses dividendes, la rentabilité exigée de 15% par les actionnaires et le transfert de 10 points dans le PIB des salaires vers les profits depuis les années 1980 qu’il faut réduire et inverser pour redonner vie à une économie au service de l’humain. En France cela donne 200 Mds à redistribuer ! Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


[1] Soulignons que l’on rapporte ce montant des DP au PIB soit 2000 Mds, et cela donne le ratio de 56% environ. Mais ce ratio est une construction pour comparer par exemple entre pays. Pour éviter toutes interprétations erronées comme le fait qu’il n’y aurait que 2000 mds de disponible (le PIB - celui-ci représente  « le bénéfice » du pays ), sachez que ces sommes de la DP sont des flux. Par exemple il y a d’autres types de dépenses qui sont comptées et structurées en d’autres secteurs comme la dépense des ménages ou celles des entreprises hors finance... (Les banques Française ont un actif cumulé de 8500 Mds !!! dont seulement 22% sont prêtés à l’économie réelle et 78% vont aux activités spéculatives !). Ainsi la dépense des ménages représente 1500 Mds en 2011 ou celles des entreprises hors finance 1900 Mds. On pourrait donc constater que la dépense des entreprises représente plus de 95% du PIB. Est-ce trop ?.... 

[2]  (Cf. le dernier livre de Joseph Stieglitz sur les inégalités et les richesses qui n’ont jamais été aussi grandes dans le monde).